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Je suis en train de lire «L’art difficile de ne presque rien faire » de Denis Grozdanovitch[1] . Cet ouvrage de sagesse et de légèreté, a quelque chose de déroutant, à notre époque où le faire, l’immédiateté et l’efficacité nous entrainent à être performants.
Cet auteur nous introduit dans une autre sphère de la vie. Avec de courts chapitres, il nous fait part de ses réflexions personnelles étayées souvent par des lectures. Lui-même a publié un « petit traité de désinvolture[2]». Nous sommes surpris. Cette sorte de demi-mesure, cette légèreté seraient valables dans notre existence?
« Ne presque rien faire » et l’éducation
Une similitude avec l’éducation me vient à l’esprit. Ce « ne presque rien faire » questionne. Cela me fait penser à Jean Jacques Rousseau qui, dans « l’Emile ou de l’éducation » nous dit qu’une seule phrase bien choisie est plus utile que de beaux discours. Je rajoute : cette phrase serait courte et dite au bon moment. Nous avons tellement tendance à répéter nos directives, comme si nous voulions que « ça rentre » ou que nous devions nous convaincre nous même.
Lors d’un cours avec des étudiantes éducatrices, alors que nous échangions sur la façon d’apprendre le sens des valeurs aux enfants, elles ont évoqué la répétition ! Comme si la quantité d’injonctions sur ce qu’il faut faire ou pas était efficace. N’est ce pas ce que nous avons tendance à faire ? Alors que pour ce sujet, ne s’agit-il pas plutôt de faire surgir de l’enfant un élan vers le mieux ? Par un acte juste, léger : une petite phrase, un silence, une proposition, une question ? Comme lorsqu’on sème une petite graine à la bonne époque. Pour provoquer une situation ni trop riche ni trop pauvre, que l’enfant vivrait, avec ses manques et ses possibles. Elle laissera à l’enfant l’espace à son imagination, à son envie de se dépasser, à sa curiosité, pour trouver le chemin qui le fera grandir, faire ses propres déductions et prendre ses décisions.
C’est un chemin qui s’apprend peu à peu, non pas seulement de la part de l’enfant mais aussi bien de l’adulte qui pour lui-même refait ses choix régulièrement ou à travers les évènements de la vie. Sommes-nous actuellement dans cette situation qui comporte suffisamment de manques et de possibilités ? Les deux me paraissent liés. Est-ce dans l’opulence ou sa recherche que nous prenons les meilleures décisions ou que nous goûtons le mieux à la vie?
Entre Jean Jacques et Grozdanovitch
Lors que j’ai lu, pour la première fois, que pour Jean Jacques Rousseau la simplicité était essentielle, je n’en n’ai pas compris tout le sens. En effet, pour lui, le contexte de la campagne est important et Emile fréquentera les paysans. Comme cela peut nous paraitre désuet, bucolique, banal même !
En profitant d’une lecture plus moderne, citée au début, plus en relation avec notre actualité et qui parait plus provocatrice, cela m’a amenée à réaliser qu’a différentes époque il est souhaitable de rappeler que l’essentiel n’est pas dans le plus sensationnel ni le plus visible et surtout qu’il en est de même en éducation et même en pédagogie. L’abondance de biens n’est pas forcément le mieux. Que ce soit dans la conception d’un jeu complexe, dans la multiplicité des moyens pédagogiques il peut y avoir comme une illusion qui empêche de voir l’essentiel.
Hier soir, une émission à la T.V. nous présentait des jeunes « trentenaires » qui se réunissent tous les vendredis pour jouer au jeu de l’oie ou autre jeu de société pour…le plaisir du jeu, de la rencontre…