Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 08:40

On ne connait point l’enfance : sur les fausses idées qu’on en a plus on va plus on s’égare » Jean Jacques Rousseau « l’Emile ou de l’éducation » introduction.


Dernièrement, lors d’un cours de pédagogie auprès d’étudiantes EJE, il fut question de la non reconnaissance de l’enfant, avant le 20e siècle. Comme si notre période en avait découvert l’existence et les caractéristiques, grâce à toutes les observations, les multiples ouvrages de pédagogie et de psychologie, psychopédagogie et de pédopsychiatrie, parus depuis le début du siècle dernier. Il est vrai que j’ai souvent entendu dire que c’était Maria Montessori (1870-1952) qui avait mis en valeur les caractéristiques de l’enfant en tant que tel.

Sans enlever toute l’importance que cette pédagogue a eue dans la reconnaissance de l’enfant, ainsi que beaucoup d’autres, remontons dans le temps, grâce à l’ouvrage de Jean François Dupeyron dont nous avons parlé dans la dernière chronique[1] :

 

 « On ne doit pas suivre les mêmes règles à l‘égard de tout le monde puisqu’on ne trouve pas en tous les mêmes dispositions et les même qualités, et qu’il arrive souvent que ce qui profite aux uns est nuisible aux autres…ainsi la règle qu’il faut garder, lorsqu’il s’agit d’instruire les autres…s’accommode et se proportionne aux qualités et aux dispositions »

 

Ce texte digne des conseils pédagogiques les plus évidents pour nous, est extrait de la « Règle pastorale » de Grégoire le Grand, pape à la fin du VIe siècle.

 

Nous sommes étonnés ! Ils pensaient déjà cela ? Alors, ils étaient aussi bien que nous ?

 

Sommes-nous si « éclairés » que cela ?

 

Il y a quelques dizaine d’années, lorsque j’ai commencé à donner des cours d’histoire de l’éducation, je donnais comme référence, l’ouvrage de Philippe Ariès[2] . Cet historien des mentalités, nous avait appris que sous l’Ancien Régime, on aurait ignoré l’enfance. « Le sentiment d’enfance » serait né très lentement durant les siècles pour aboutir à notre époque à « l’enfant roi ». Cet auteur, qui serait le premier historien de la petite enfance, a fait un travail entre autres, sur les iconographies afin d’y découvrir la place des enfants. Il invente le terme de « mignotage » pour décrire l’attitude devant les poupins, les bébés, avec lesquels on s’amusait, tout en ignorant l’importance de cette période. Par ailleurs, sa description des abandons d’enfants par les mères qui les confiaient aux nourrices, fut reprise par Elisabeth Badinter [3] qui a remis en cause l’amour maternel.

La méconnaissance du « sombre » Moyen âge a amplifié ces préjugés. Cela ne fait pas longtemps que l’on en a accepté une autre perception que celle d’une époque barbare et obscure. Régine Pernoud, historienne, médiéviste, archiviste-paléographe française, qui nous a dévoilé la richesse de cette période, s’amusait à constater que nous étions émerveillés par les cathédrales alors que nous ne prêtions aucune compétence technique et spirituelle à ceux qui les ont construites.

De notre coté, nous acceptions cette barbarie ou obscurantisme concernant l’enfance qui…avait su donner tous ces milliers d’hommes célèbres qui ont fait l’histoire.

 

Il faut reconnaitre que la connaissance de phrases connues des grands auteurs nous ont aussi orientés vers un jugement erroné des temps anciens, où l’enfant manque de raison avant l’âge…comparé à un petit animal, il doit, selon les travaux de François Loux[4], sortir de son animalité. Descartes a des idées bien méprisantes pour la période de l’enfance. C’est le chaos, pour d’autres, l’enfant a un comportement imprévisible, il est guidé par ses instincts. Fénelon  n’a pas non plus d’estime pour les enfants. Bref ! L’enfant est imparfait et nous avons à oublier que nous l’avons été. A-t-il une âme d’ailleurs ?

 

Il est vrai que ces constatations ont eu le mérite d’aborder le sujet. Leur imperfection a probablement servi de base à des auteurs qui nous ont apporté d’autres éléments contrebalançant les premières connaissances. Je recommande malgré tout l’ouvrage de Philippe Ariès, son approche est intéressante, même si ses conclusions sont contestables.

 

C’est ainsi que des historiens comme Didier Lett, [5], Danièle Alexandre Bidon, [6] nous ont fait découvrir que cette période d’enfance fut l’objet d’attention, de connaissances, de soins, de tendresse. Ils ont redressé la barre, en quelque sorte, nous apportant d’autres connaissances et ouvertures. Ce n’est pas terminé, mais c’est une contribution d’importance à la construction continuelle de l’histoire de l’éducation.

 

L’approche de cette dernière nous demande une certaine humilité que nous n’avons pas toujours.

 

Heureusement, notre époque est bien au faîte du respect de l’enfant, de sa valeur en tant que personne,

 

Alors… pourquoi ai-je vu dernièrement une institution pour tous petits qui s’appelle: « Les petits lascars » ?

(Lascar signifie : gaillard, zigoto ; par extension : apache, arsouille, bandit, banqueroutier, brigand, cambrioleur, canaille, carambouilleur, chenapan, clephte, coupe-jarret, crapule, crocheteur, écorcheur, écumeur, escarpe, escroc, forban, fripouille, galapiat, gouape, hors-la-loi, malandrin, margoulin, pendard, pilleur, pirate, requin, ruffian, sacripant, scélérat, souteneur, vaurien, voyou !...

 

La place de l’enfant est toujours à reconstruire…



[1] « Nos idées sur l’enfance » étude des représentations de l’enfance en Occident, l’Harmattan, 2010

[2] « L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, », Seuil, 1984

[3] « L’amour en plus, histoire de l’amour maternel du XVIIe au XXe siècle ». Flammarion, 1998

[4]  « Le jeune enfant et son corps dans la médecine traditionnelle » Flammarion, 1992

[5]  « L’enfant des miracles, enfance et société au Moyen Age (XII et XIIIe siècle), Aubier, 1997,

[6]  « Les enfants au Moyen Age, Ve- XVe siècle » Hachette, 1997

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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 14:26

 

Steiner.jpgLa pédagogie de Rudolf Steiner[1] se réfère à une connaissance de l’enfant qui ne nous est pas forcément habituelle.

 

Sa perception du développement de l’enfant nous ouvre vers un monde où est évoqué un cheminement humain, spirituel, dans lequel l’enfant a son histoire.

 

Par ailleurs, nous y constatons un parallèle entre son évolution physique et son évolution intellectuelle.

 

C’est une perception globale de l’enfant où chaque dimension de son humanité est en lien avec les autres. Par exemple, le lien entre l’apparition des dents et les répercutions sur ses apprentissages.

C’est une approche complexe qui se fait par petites touches. Comme une initiation.

 

Je viens donc partager avec vous quelques découvertes sur le petit enfant, ses caractéristiques et ses besoins. J’espère être non seulement fidèle à la pensée de Steiner mais vous donner envie de la découvrir.

Deux ouvrages, entre autres, m’ont servi pour écrire ce qui va suivre.[2]

 

Je fais quelques liens avec d’autres pédagogues, lorsqu’ils me paraissent évidents.

 

Peu à peu, l’enfant entre dans le monde réel, il construit son « je » par étapes, sortant de cette gangue spirituelle qui est en quelque sorte son territoire de tout petit, pour peu à peu se confronter avec le monde.

 

Ceci ne peut bien se faire qu’avec la confiance qu’il a pour l’adulte et par la construction d’un environnement de qualité qui lui correspond.

 

Il prend alors que ce qui lui convient et évolue essentiellement par lui-même.

Fait ce qu’il veut en fonction de sa propre organisation.

 

Ne sommes nous pas étonnés quelque fois par la pugnacité, la force, avec laquelle un enfant VEUT ou REFUSE ! Comme s’il sentait que cela ne lui convient pas…

Et qui gagne ?


Qu’est ce que nous lui demandons qu’il ne PEUT faire à ce moment ?

 

Habité par des forces, -ce dernier terme fait penser aux réflexions de F. Fröbel, dans « L’éducation de l’Homme »- l’enfant grandi tout comme une plante, avec le même système de croissance que nous trouvons dans la nature.

 

Par des transformations successives.

 

N’est ce pas le concept de « graine » chère à Comenius

(Voir mon article « l’enfant est comme… »).

Il nous faut donc adopter cette façon de voir l’enfant grandir.

 

A l’âge préscolaire l’enfant a le sentiment d’être inséré dans une sphère unique. Une sphère de vie, proche de celle de sa mère. Rien n’existe en dehors de ce monde qui est magique.

Il ne connait pas de fracture entre le monde extérieur et intérieur.

R. Steiner nous dit que l’enfant n’est pas en mesure de faire la différence entre son monde intérieur, humain et le monde extérieur. S’il est en proie à la morosité ou…il suppose qu’il se passe la même chose dans le soleil, la lune, l’arbre, ou la plante, qu’en lui-même.

 

N’est ce pas ce que les psychologues vont appeler la période animiste. ?

 

Cela se voit dans leurs dessins. Les enfants dessinent leur ressenti corporel avant de représenter leur monde extérieur. Ils dessinent leur vécu, leur vision première mêlée à la faculté de ressentir intérieurement leurs organes.

 

Jusque 7 ans toutes les forces de l’intelligence et de la volonté de l’enfant forment un tout. On le retrouve dans son langage et ce que l’on appelle habituellement « le mot-phrase ». Il va dire : « manteau » pour : sortir, promenade, faire les courses….

 

Cette perception globale est exprimée aussi par O. Decroly.

 

Il imite.

 « ABSORBE », pour reprendre un terme de Maria Montessori. 

Cela nous aide à comprendre l’importance du témoignage que nous pouvons donner, nous, adultes qui sommes proches des tout petits, qui nous perçoivent au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

 

Ils se mettent au diapason de leur entourage, agissent en fonction de lui et l’imitent au fur et à mesure.

 

Tout ce qu’un enfant peut apprendre rien que parce qu'il est en notre compagnie. Surtout parce qu’il est en notre compagnie !

 

D’ailleurs pourquoi préfère t-il rester près de nous dans la cuisine plutôt que d’aller jouer tout seul dans sa chambre ?

 

Cela se voir aussi lorsque l’on veut montrer à l’enfant comme faire quelque chose, il va vouloir le faire en même temps. On lui dit : « regarde, Avant de faire » mais non ! Si on veut lui montrer comment tourner la pâte pour faire un gâteau ou mélanger deux couleurs en peinture, il a déjà l’instrument dans la main et le fait de suite !

 

Les enfants sont totalement confiants. D’où l’importance d’un environnement sécurisant, régulier et beau.

 

Ensuite l’enfant dissocie les deux mondes, le sien et l’extérieur. Ce n‘est qu’à ce moment qu’il prend le temps d’écouter l’adulte…jusqu’au bout ! C’est difficile mais peu à peu il intériorise.

 

Et si nous aussi nous l’écoutions jusqu’au bout ?

 


Les contes

sont des images du développement de l’enfant

 

Le conte est très important pour les petits. L’enfant s’y identifie car il y retrouve l’expression de la complexité de son cheminement, et les difficultés à construire sa personne, il y a souvent différentes épreuves à surmonter où il retrouve les siennes.


Ce sont les difficultés qu’ils ont pour, peu à peu, entrer dans le monde de la réalité : « Le monde de la terre ».

Dans ce « retrouve » on est là en face du principe de réminiscence évoqué par Socrate. En effet les contes « classiques », Grimm, Perrault, Andersen et autres contes traditionnels, font revivre à l’enfant du « déjà vécu » tout comme Platon nous dit que apprendre est « réapprendre »  au regard de l’époque « où nous contemplions les Idées ».[1]


Il n’y a pas à expliquer, l’enfant s’approprie les évènements. Il dévoile ce qui se passe. Ce sont des images de vérité qu’il découvre. Elles ne s’imposent pas, il écoute, les assimile et s’éduque. Elles vont subir de multiples métamorphoses dans son évolution vers l’âge adulte.

 

Il est évidement que l’intérêt que le conteur ressent pour l’histoire est essentiel ! l’enfant prend tout !

 

Les histoires où les personnages sont des éléments de la nature sont très importantes aussi. Des animaux, des plantes, des pierres…qui s’animent, ont des sentiments et des émotions qui permettront à l’enfant de s’identifier. Il aura peur et va se réassurer, il va avoir de la compassio...et peu à peu élaborer les sentiments qui feront parte de sa vie et sa culture personnelle.

 



[1] Platon  « Phédon /72b-73b» page 123, Flammarion, 1965

 



[1] Créateur de l‘anthroposophie. 1861-1925.

[2] « Art de l’éducation-Les apprentissages fondamentaux dans les écoles Steiner-Waldorf» édité par la fédération  des écoles Steiner-Waldorf en France. 2006 et « Eduquer vers la liberté » Les écoles Steiner-Waldorf, éd. Les trois arches, 24 avenue des tilleuls, 78400 Chatou, 1992, 3e éd.

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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 07:53

 

A destination des Relais Assistants Maternels
A partir du repérage d'un thème par l'animatrice du relais, l'association Aluje vous propose une formule "faite sur mesure" alliant:
  • apports théoriques et réflexifs,
  • partage d'expérience et mise en situation.
permettant à chaque assistant maternel de travailler la distance professionnelle et d'envisager des solutions centrées sur le jeune enfant.
Si vous êtes intéressés par cette proposition vous envoyez un message par cette page, il arrivera directement à la formatrice.
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 19:07


 

 

En fin de stage… 

 

Dernièrement, j’ai rencontré un groupe de jeunes femmes en train de terminer 4 semaines de stage d’initiation à la méthode Montessori. Elles venaient de manipuler et découvrir le matériel fascinant inventé par la grande pédagogue.

 

Le développement sensoriel, les activités de la vie quotidienne, l’apprentissage du calcul, la découverte du langage, avaient fait l’objet du programme qui venait de se dérouler.

 

Mon propos en tant qu’intervenante, était d’ouvrir à une notion de la pédagogie plus étendue. Elles avaient abordé durant presque 4 semaines une unique méthode et sa mise en pratique. Je désirais qu’elles découvrent d’autres pédagogues, afin de situer Maria Montessori dans un ensemble plus large et relativiser ce qu’elles avaient appris.

 

S’initier à une méthode demande de comprendre l’idée du créateur, de se l’approprier, de se mettre en projet pour la réaliser. C’est un véritable travail intérieur, avec des tensions, des déséquilibres, des questionnements, des étonnements…et évidement d’heureuses découvertes.

 

Une prise de recul me paraissait appropriée.

 

Une remontée dans le temps, vers les idées basiques des méthodes actives, en particulier celles de J.A. Comenius,[1] et  Jean Jacques Rousseau,  la référence à d’autres pédagogues plus contemporains de M. Montessori nous a amenées à faire des réflexions plus larges sur la  pédagogie. Mais aussi, nous avons abordé l’éducation de maintenant, pour nous-mêmes, avec nos questionnements, nos convictions, nos références...

 

Entre deux façons de faire

 

classemoderneDurant cet échange, l’une d’elles  a posé une question de fond. Quel est le plus important : partir de l’enfant, de son intérêt, de sa démarche pour positionner sa pédagogie, ou bien commencer par lui montrer ce qu’il doit savoir ? Parions-nous sur l’enfant et ses compétences et ses connaissances innées ou préférons-nous éviter qu’il ne se trompe, ne tâtonne pour rien, alors que nous avons tant à lui enseigner ? Par exemple : devons nous lui montrer la bonne manipulation d’un instrument de musique ou le laissons-nous nous casser les oreilles, à faire n’importe quoi, mais en explorant, en s’appropriant, quitte ensuite à lui proposer une façon de faire plus rentable et harmonieuse ?

 

Ces dames, dans un premier temps et d’un seul élan, imprégnées des idées de M. Montessori sur le respect de l’enfant et ses qualités innées, m’ont parues opter pour la première attitude.

 

A ce moment, j’ai ressenti que ce balancement qui nous faisait réfléchir et avancer, était en train de se bloquer autour d’un choix qui, non seulement orientait l’attitude vers une seule perspective, mais excluait tous ceux qui ne la choisissaient pas. Alors qu’une des problématiques essentielles de l’éducation est là.presen1

 

Comme si les « bons » pédagogues, forts de leurs arguments, se mettaient en priorité du coté de l’enfant, les autres du coté de l’enseignement. Nous savons bien que certains savoirs ne peuvent se découvrir sans initiation. Même Jean Jacques Rousseau le « champion » de la découverte de la connaissance par soi-même, dans son troisième livre, introduit son élève auprès des anciens penseurs.

 

Mais il y a tout ce que  les enfants, guidés par leur « ordre intérieur », pour reprendre un concept montessorien, apprennent seuls et disent : « oui, je sais » !

Alors là, dommage de leur voler la découverte !

 

Aussi, lorsque l’on est convaincu de la bonne raison de son choix on a du mal à oublier que d’autres ont aussi une conception de la situation qui se justifie. C’est en l’occurrence pour eux, le besoin de transmettre qui est existentiel. Celui qui est porté par le désir de pérennité.

Il y a une troisième voie où on se laissait guider par la situation éducative, qui elle-même orienterait l’attitude à avoir. L’éducation n’est-elle pas surtout une discipline pragmatique ?

Mais pour savoir interpréter cette situation, il est nécessaire de mettre de coté, sans forcément les oublier,  « ses bonnes idées », ses adhésions, ses explications…pour laisser place à la compréhension, d’un ensemble de données qui la composent : l’enfant, le contexte, le projet d’éduquer, soi-même, son ressenti, sa recherche…Je parlerai ici de sympathie pour…

 

L’appropriation d’une méthode fait partie de la maturation d’un éducateur, elle enrichit ses façons de voir, peut le rendre plus compétent. Mais cela lui demande aussi de savoir relativiser son apprentissage. Car celui-ci prend toute sa valeur au moment de sa réalisation, parce que celui qui la met en pratique s’en sert surtout comme d’un outil au service de l’éducation, et pour cela s’en libère et alors se rend disponible pour d’autant mieux s’adapter.

 

 

 



[1] Pédagogue tchèque du 17 siècle, à la base des idées principales des méthodes actives.

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 13:16

 

« Rendre compte de statistiques »

 

Nous sommes dans une crèche de 40 « lits », dans la section des bébés. Pendant que la directrice, dans son bureau, est en train de faire des statistiques pour rendre compte aux autorités du bon rendement de sa crèche, une éducatrice emporte Mathias, 10 mois, dans la salle de bain. Cela fait un petit moment qu’il pleurniche. Il est « sale » ; elle va le changer. Elle lui sourit, le prend dans ses bras en le prévenant de ce qu’elle va faire. Mathias se calme, il sait ce qui va se passer !

 

…Dans la salle de bain, bien au chaud, sur le coussin à langer, l’éducatrice installe Matias et lui enlève la couche.  Il est soulagé et sourit, ses petites jambes pédalent. Il se sent libéré. Tu es content n’est ce pas ? Ça va mieux ! Qu’est ce qu’on fait maintenant ? Je vais te laver tes jolies petites fesses. Pendant ce temps Mathias a pris la petite brosse douce et tape sur la table. Il se caresse la joue, veut caresser la joue de l’éducatrice, ils rient tous les deux, Mathias émet des petits sons joyeux, fait des bulles avec sa bouche. L’éducatrice refait les petits sons…Ils se regardent, se taisent : c’est un court moment intime.

Il est entouré d’odeurs diverses : ses selles, le lait pour le nettoyer, le savon. Il écoute l’eau qui coule, cherche de où cela vient, essaie de se tourner vers le robinet, mais l’éducatrice le rappelle : tient je vais te mettre une couche propre. Il s’accorde à sa demande : il a l’habitude. Se tourne sur le coté pour qu’elle puisse fermer la couche. Maintenant qu’elle est mise il se sent bien maintenu. Une autre sensation. Il détend ses jambes, il rit. L’éducatrice passe un coton avec du lait sur son visage, ça fait du bien : moment de bien-être partagé, Mathias suce le coton ! non ! ça ne se mange pas ! Leurs gestes s’accordent pour que dans une harmonie continuelle, l’éducatrice puisse rhabiller l’enfant : passages des bras et des jambes, passage de la tête : Matias n’est pas content ! ça ne dure pas longtemps…alternance de mouvements libres et orientés.

Elle le prend dans ses bras, le ramène dans la salle, lui donne un jeu, tu veux jouer Matias ???

 

Que vas-tu faire maintenant, je te laisse.

 

Pendant ce temps la directrice marque sur son rapport de statistiques :

 

POUR UN CHANGE :

 

25 sensations : odorat, toucher, goût, audition, kinesthésique, équilibre.

Conséquence : Apprentissage de la discrimination, utile pour son développement intellectuel. Apprentissage de l’équilibre, prise de conscience de son corps et de lui-même : bien- être.

 

Rentabilité : pas d’insatisfait inconditionnel !

 

15 sourires : important pour son développement affectif. Prise de conscience de sa personnalité !

 

Rentabilité : à l’aise dans la communication

 

10 partages de sensations agréables : se sent reconnu, se sent exister.

 

Rentabilité pour le futur de la société : prise de responsabilité. Saura respecter les autres.

 

 

 

4 Anticipations et préparations du moment qui va suivre: l’enfant est acteur, il n’est pas anxieux. Ne se sent pas abandonné.

 

Rentabilité : se prépare à être responsable

 

5 réponses à la sollicitation vocale de l’enfant : l’enfant est heureux d’être un interlocuteur

 

Rentabilité : respect des autres

 

1 interdiction : sens des limites

 

Rentabilité : libération, sens des réalités. Apprentissage du discernement

 

Total : l’humanité de l’enfant s’est construite. Celle de l’éducatrice aussi !

 

Temps passé : moins que lorsqu’on va vite, que l’enfant est brutalisé, pas regardé, qu’il  n’y a pas d’harmonie gestuelle, qu’il faut lutter avec lui, car il se sent mal, que l’éducatrice sent qu’il y a tous les autres…

 

Donc pour 40 changes cela fait ???

Mais c’est rentable !!!!

 

C’est cela que vous voulez Monsieur le Président ?-cid_296A4D7CB7D64D2EAD85086459A7DD37-PCdeBernadett.jpg

 

Il peut exister plusieurs sortes de présidents : association, république, responsable municipal etc…

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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 12:06

 

 

Nous sommes sur internet et la scène se passe sur un forum voué à la profession d’EJE :

 

Une maman demande des conseils afin de faire le choix entre la maternelle et le jardin d’enfants pour son enfant de trois ans. Celui–ci venait de passer un an au jardin d’enfants et elle se posait des questions sur le lieu d’éducation de son petit pour l’année suivante : première année de maternelle ou deuxième année de J.E. ? Sa préoccupation portait nettement sur le rythme des apprentissages.

Elle a eu des réponses. Très opportunes.

Il y était évoqué, pour l’enfant, l’intérêt de rester au jardin d’enfant : effectifs réduits, possibilités de prendre son temps pour être propre s’il ne l’est pas, possibilités de se préparer aux apprentissages scolaires sous forme de jeux. Par ailleurs, l’école maternelle peut apporter une possibilité de socialisation : obéissance aux consignes, rencontres plus riches. De plus l’école est gratuite.

On proposait aussi à cette maman de se renseigner sur le projet pédagogique de la structure qu’elle envisageait choisir. 

Prendre en considération le caractère de l’enfant, de ses facultés d’adaptation et sa maturité, fut aussi suggéré pour faire le choix.

A la fin, la maman pris la décision d’en parler  avec le personnel du jardin d’enfant où va son fils…

 

Elle a bien été entourée de suggestions réfléchies et compétentes caractéristiques des connaissances de l’EJE, à savoir, prendre en considération la maturité de l’enfant ainsi que le projet pédagogique de l’institution: deux éléments très importants.

 

C’est comme si dans une dynamique éducative, l’évocation de l’institution et même sa méthode suffisait.

 

  • Il m’est apparu qu’il manquait une dimension :

l’éducatrice (teur)

 

  • L’enfant va-t-il « dans une institution » ou va-t-il rencontrer des personnes dont la compétence est de répondre à ses besoins de soins et d’éducation?

 

  • Qu’est ce qu’une éducation sans la prise en considération de la personne de l’éducatrice ou l’éducateur ?

 

  • images--1-.jpgQui sera en face de cet enfant là ?

 l'éducateur se sert-il d’une méthode comme d’un outil ou comme un bouclier pour éviter de penser? Comment l’a-t il comprise et comment se l’est-il appropriée.

Garde t-il sa personnalité lorsqu’il l’utilise ou lui obéit-il ?

Est-il en mesure d’en identifier l’origine, afin de la relativiser à la réalité qu’il a à assumer ?

Qu’a t-il fait après sa formation, a-t-il continué à se documenter, à faire des stages ? 

N’avons trop tendance à nous réfugier derrière les formules pédagogiques, les projets institutionnels, les méthodes...alors que la pédagogie suppose un engagement personnel ?

      voir la chronique:"S'approprier une méthode"

Que pensez vous de ces réflexions?

Vous pouvez répondre en vous servant de "écrire un commentaire" en bas à droite

A bientôt!


 


 


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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 13:55

photo_464792_9863464_2012040331466531.jpgUne trouvaille pleine d'imagination


C'est plaisant, inventif, joyeux, inattendu, on a envie de sourir lorqu'on

regarde...

allez à:


http://lejardindesbennes.blog4ever.com/blog/index-464792.html

 

 

et...faites en autant!

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